Un petit paradis nommé El Salvador

by Adrien D. posted 1 mars 2012 category Carnet Blanc, El Salvador

Comme les bons films, les meilleures destinations naissent de l’inattendu. El Salvador, la destination choisie du bout de doigts, le pays transit, au moment de sceller l’itinéraire nous y croyons moyennement. Le pays n’a pas bonne presse et nous ne disposons que de peu de retours.

Mais parce que Monterico est si proche de la frontière, que les routes sont réputées pour y être en bon état et enfin parce que le Pacifique, pour notre première rencontre ne nous a pas déçus, nous nous lançons finalement, avec la sécurité que si le pays ne nous plait pas, nous ne mettrons que quelques jours à en avaler les 450 kilomètres d’étendue jusqu’aux portes du Nicaragua.

Du sud Guatemala à notre première étape Salvadorienne, il n’y a sur le papier que trois-quatre heures de route. Mais la traversée du Parc naturel en Lancha sur les eaux de la lagune, le passage frontière et les lacets de la carretera littoral dont le fil, tiré à l’échelle 1/250 000 sur le plan ne laissait rien présager, nous offrirent en retour une belle journée de route, de l’aurore au crépuscule. Sur un tracé quasi immaculé, la ligne jaune danse devant le guidon entre les courbes côtières qui rougissent, l’heure avançant. Le petit ronron d’un moteur bien calé en cinquième, c’est un de nos plus beaux bouts de trajet. En moto, ces moment là comptent double.

Impossible de se plaindre face au climat idyllique, une ‘route des calanques’, tantôt tirée sur les contreforts d’une colline, haut, très haut au dessus de l’océan, tantôt aux creux d’une baie jouant du côte à côte avec les vagues et les écoliers qui attendent le bus de seize heures.

Lancés sur la Carretera Littoral nous faisons escale tout d’abord à El Zonte. L’atmosphère  y est parfaitement propice au métier de spectateur, un hamac porté par deux cocotiers face à une plage délaissée des touristes.

Le Point Break et le Beach Break, ils sont vingt kilomètres plus au sud, sur la pointe d’El Tunco, naturellement beaucoup plus fréquentée. Nous y trouvons refuge deux jours plus tard dans une petite pension qui surplombe l’océan dans une ambiance là aussi très rocking-chair. Les petits déjeuners tipico à $2 sont un délice, la bière à $1, elle, est servie bien fraîche avec vue.

Les vagues sont hautes mais moins puissantes qu’à Monterico. C’est l’occasion de prendre quelques leçons de surf et de goûter aux sublimes égarements de l’âme au moment de tout débrancher pour enfin se lever dans la vague et se laisser porter. Se jeter d’un avion ou se jeter dans la mer pour la première fois : l’abandon du contrôle sur nos vies en ressenti, expériences quasi métaphysiques…

Nous étions biens, alors nous nous sommes abandonnés là quelques jours, con ‘la vista del mar’ sous les yeux, à regarder coucher le soleil entre deux bouteilles de Gallo. Nous n’attendions pas le moins du monde les autres bonnes surprises qui allaient jalonner le chemin, on savait juste que notre petit bout d’histoire ici avait bien commencé…

Une Pura Vida a El Salvador.

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