Road-trip en Asie

Le monde sous un regard (dé)bridé

30h, mais au bout… c’est Kathmandu !

30h de transport, mais au bout… c’est Kathmandu !
Si on m’avait dit, il y a quelque temps de cela, qu’un jour je passerais par le Kuwaït, pour effectuer ne serait-ce qu’une escale, j’aurais probablement regardé mon interlocuteur d’un air sceptique. Pourtant c’est bien ce qui s’est passé pendant cette interminable journée ou il a successivement fallu m’arracher quatre fois du sol pour me mener jusqu’à destination. Paris, Rome, Kuwaït City, Delhi et enfin Kathmandu. Trois escales donc, 2 repas chauds et un petit-déjeuner plus tard, je posais enfin les pieds sur le tarmac de ce pays mythique qu’est le Népal.
Pour ce qui est de la compagnie Kuwaït Airlines, je recommande ! Tout d’avord je suis arrivé vivant, ce qui est plutôt un bon point, et presque à l’heure de surcroît ! Ensuite ma valise elle aussi, a semble-t-il connu un voyage assez tranquille. Pour ce qui est du confort à bord, comparé à Easyjet ou Ryanair, c’est le grand luxe. Bon l’écran dans le siège pour regarder la position GPS de l’avion avancer millimètre par millimètre ne m’a pas diverti bien longtemps… Mais à bord de ces avions on ne cesse de vous servir de quoi se rafraîchir, à manger et à boire et ma foi, c’est plus que mangeable. J’irais même presque jusqu’à dire que c’est bon. Enfin, et c’est loin d’être un détail, dans les avions de la Kuwaït Airlines, les hôtesses de l’air ressemblent vraiment à des hôtesses de l’air, vous savez, avec les beaux uniformes, les cheveux tirés à quatre épingles, les badges dorés avec des petites ailes sur les côtés, et le chapeau… ah le chapeau ! Elles, au moins, elles ne ressemblent pas à des serveuses de chez Quick que l’on aurait ramassé à la sortie de leur service. Non, sans aucun doute, en l’an 2010, les compagnies du Golfe sont plus sûres que jamais !
Pour ce qui est du Kuwaït, difficile de distinguer cet aéroport de tous ceux que l’on est habitué à voir dans nos contrées. Comme chacun peut l’imaginer, on y trouve tout le confort moderne, un wifi gratuit, un McDo, des écrans plats tous les dix mètres, des petites cabines fumeurs, où on doit multiplier ses chances d’attrapper le cancer par 10 rien qu’en ouvrant la porte… Bref, c’est l’Ouest au milieu de l’ouède. Il n’y aura guère que quelques détails comme par exemple ces femmes indiennes marchant sans chaussures dans les coursives, ou ces émirs que l’on conduit en voiturette jusque devant leur porte d’embarquement, pour vous rappeler que dehors, là où l’air n’est pas climatisé, tout doit être bien différent. Bref, je n’ai eu que 3 heures pour observer depuis ce milieu confiné, cette culture qui m’échappe totalement ;  tellement peu que je n’ai même pas essayé de comprendre…
Arrivé à Delhi, c’était la grande escale qui m’attendait. De 4h45 jusqu’à midi, mis en conserve entre les 200m² que compte la zone internationale, je dois avouer que le temps m’a semblé long, très long même. Pas vraiment moyen de dormir avec tous les va-et-viens, les néons agressifs, les chaises en quantité insuffisante et la partie de cricket diffusée sur l’unique écran de la pièce qui déchainait les passions. Qui plus est, j’avais ce petit problème de valise à régler et bien qu’un agent de l’aéroport se soit très vite occupé de mon cas, le bordel ambiant qui semblait régner dans le coin, ne me disait rien qu’y vaille. Surtout au moment où j’ai du lui confier billet et passeport afin qu’il règle pour moi les formalités de changement de compagnie auprès des agents de fret, là où je ne pouvais pas aller, c’est à dire une fois passée la frontière indienne. Ca fait bizarre tout d’un coup de se dire que l’on se trouve au milieu d’une zone internationale, une sorte de nowhere administratif, sans valise, sans passerport et sans billet et que la suite du parcours ne tient qu’à la rigueur et au sérieux d’une personnes que l’on ne connaissait pas, il y a 5 minutes de cela.  Bon, ok je n’étais pas à Karachi et ok, je suis français, les risques étaient donc relativement limités. Mais je pense qu’il y a là une leçon à retenir de tout cela, qui sera probablement utile au moment de retourner en Inde : rien ne sert de lutter contre le courant, il faut juste accepter et se laisser porter ! Les masses sont comme des flots, les superstructures comme des quais épais faits de pierre, entre lesquelles les marges de latitude sont faibles voire inexistantes. L’Inde est un superétat qui gouverne et administre près d’un milliard d’juabitants, comment pourrait-il en être autrement? On peut toujours essayer de résister, on finira toujours emporté par le courant. Le tout, c’est de ne pas louper l’embranchement vers le confluent de son choix, le tout, c’est de garder quelques repères et d’accepter qu’il y ait une marche à suivre…
Une fois cette petite épreuve passée, je prenais mon dernier envol sur une compagnie lowcost régionale cette fois-ci : Jet Airways – un tout petit vol de deux heures environ en direction de la grande Vallée . A peine monté à bord, je me suis fait la réflexion que l’atmosphère y était soudain bien différente. Le calme retrouvé à bord détonait soudain avec la cohue du transit. Un moine buddhiste dans sa traditionnelle toge bordeau siégeait quelques rangs devant moi. Je me souviens qu’il y avait des cheveux, beaucoup de cheuveux sur les têtes, alors que je traversais les rangs pour rejoindre mon siège. Et puis un drôle d’énegumène, barbe de 6 mois et yeux rieurs, chemises de lin et pantalon traditionnel s’est assis à côté de moi : son nom c’est John Roux. Un américain de père français, un homme d’excellente compagnie qui correspondait en tous points à l’idée que je me faisais de ces hippies des années 70 qui venaient se perdre dans les ruelles du vieux Kathmandu. Mi-homme, mi-guru en mutation, d’une grande humilité dans ces propos, cela faisait déjà six mois qu’il traînait dans la région successivement à pied, puis à vélo. Visiblement, cela faisait également six mois qu’il avait décidé de jeter ses lames de rasoir… Clairement, il ne comptait pas repartir de sitôt puisqu’il a fait renouveler son visa une fois arrivé. Impossible de percer en si peu de temps, le secret qui se cachait derrière John Roux : ni la façon dont il vivait, ni les raisons qui l’ont poussé à partir ou à venir (c’est selon), ni même comment il a pu rejoindre Bengalore depuis Kathmandu à vélo. Toujours est-il qu’il semblait avoir tout son temps devant lui et qu’il avait l’air profondément heureux. Une transformation comme on les lit dans ces best-sellers d’auteurs qui se sont aventurés dans les confins de l’Himalaya pour y trouver leur âme.
Bref, je ne l’ai pas réalisé tout de suite, mais j’avais sous les yeux un avant-goût de ce que serait pour moi le Népal en termes de dépaysement, et de découverte : un Ovni. Un croisement de cultures, un melting-pot de gens venus de tous les horizons, rassemblés dans ce qui était antan, une étape clé sur la route de la soie. Une terre où le temps semble s’écouler à un autre rythme, ni complètement à part, ni complètement dans le système mondial…
Le Népal est une terre comme je n’en ai jamais vu auparavant, la première étape de mon voyage, et tout ne fait à présent que commencer !

Si on m’avait dit, il y a quelque temps de cela, qu’un jour je passerais par le Kuwaït, pour effectuer ne serait-ce qu’une escale, j’aurais probablement regardé mon interlocuteur d’un air sceptique. Pourtant c’est bien ce qui s’est passé pendant cette interminable journée ou il a successivement fallu m’arracher quatre fois du sol pour me mener jusqu’à destination. Paris, Rome, Kuwaït City, Delhi et enfin Kathmandu. Trois escales, 2 repas chauds et un petit-déjeuner plus tard, me voici sur le tarmac de cette mythique terre d’aventure : le Népal.

Pour ce qui est de la compagnie Kuwaït Airlines, je recommande ! Tout d’avord je suis arrivé vivant, ce qui est plutôt un bon point, et presque à l’heure de surcroît ! Ensuite ma valise elle aussi, a semble-t-il connu un voyage assez tranquille. Pour ce qui est du confort à bord, comparé à Easyjet ou Ryanair, c’est le grand luxe. Bon l’écran dans le siège pour regarder la position GPS de l’avion avancer millimètre par millimètre ne m’a pas diverti bien longtemps… Mais à bord de ces avions on ne cesse de vous servir de quoi se rafraîchir, manger et boire et ma foi, c’est plus que mangeable. J’irais même presque jusqu’à dire que c’est bon. Enfin, et c’est loin d’être un détail, dans les avions de la Kuwaït Airlines, les hôtesses de l’air ressemblent vraiment à des hôtesses de l’air, vous savez, avec les beaux uniformes, les cheveux tirés à quatre épingles, les badges dorés avec des petites ailes sur les côtés, et le chapeau… ah le chapeau ! Elles, au moins, elles ne ressemblent pas à des serveuses de chez Quick que l’on aurait ramassé à la sortie de leur service. Non, sans aucun doute, en l’an 2010, les compagnies du Golfe sont plus sûres que jamais !

Pour ce qui est du Kuwaït, difficile de distinguer cet aéroport de tous ceux que l’on est habitué à voir dans nos contrées. Comme chacun peut l’imaginer, on y trouve tout le confort moderne, un wifi gratuit, un McDo, des écrans plats tous les dix mètres, des petites cabines fumeurs, où on doit multiplier ses chances d’attrapper le cancer par 10 rien qu’en ouvrant la porte… Bref, c’est l’Ouest au milieu de l’ouède. Il n’y aura guère que quelques détails comme par exemple ces femmes indiennes marchant sans chaussures dans les coursives, ou ces émirs que l’on conduit en voiturette jusque devant leur porte d’embarquement, pour vous rappeler que dehors, là où l’air n’est pas climatisé, tout doit être bien différent. Bref, je n’ai eu que 3 heures pour observer depuis ce milieu confiné, cette culture qui m’échappe totalement ;  tellement peu que je n’ai même pas essayé de comprendre…

Arrivé à Delhi, c’était la grande escale qui m’attendait. De 4h45 jusqu’à midi, mis en conserve entre les 200m² que compte la zone internationale, je dois avouer que le temps m’a semblé long, très long même. Pas vraiment moyen de dormir avec tous les va-et-viens, les néons agressifs, les chaises en quantité insuffisante et la partie de cricket diffusée sur l’unique écran et qui déchainait les passions. Qui plus est, j’avais ce petit problème de valise à régler et bien qu’un agent de l’aéroport se soit très vite occupé de mon cas, le bordel ambiant qui semblait régner dans le coin, ne me disait rien qu’y vaille. Surtout au moment où j’ai du lui confier billet et passeport afin qu’il règle pour moi les formalités de changement de compagnie auprès des agents de fret, là où je ne pouvais pas aller, c’est à dire une fois passée la frontière indienne. Ça fait bizarre tout d’un coup de se dire que l’on se trouve au milieu d’une zone internationale, une sorte de nowhere administratif, sans valise, sans passerport et sans billet et que la suite du parcours ne tient qu’à la rigueur et au sérieux d’une personnes que l’on ne connaissait pas, il y a 5 minutes de cela.  Bon, ok je n’étais pas à Karachi et ok, je suis français, les risques étaient donc relativement limités. Mais je pense qu’il y a là une leçon à retenir de tout cela, qui sera probablement utile au moment de retourner en Inde : rien ne sert de lutter contre le courant, il faut juste accepter et se laisser porter ! Les masses sont comme des flots, les superstructures comme des quais épais faits de pierre, entre lesquelles les marges de latitude sont faibles voire inexistantes. L’Inde est un superétat qui gouverne et administre près d’un milliard d’habitants, comment pourrait-il en être autrement? On peut toujours essayer de résister, on finira toujours emporté par le courant. Le tout, c’est de ne pas louper l’embranchement vers le confluent de son choix, le tout, c’est de garder quelques repères et d’accepter qu’il y ait une marche à suivre…

Une fois cette petite épreuve passée, je prenais mon dernier envol sur une compagnie lowcost régionale cette fois-ci : Jet Airways – un tout petit vol de deux heures environ en direction de la grande Vallée . A peine monté à bord, je me suis fait la réflexion que l’atmosphère y était soudain bien différente. Le calme retrouvé à bord détonait soudain avec la cohue du transit. Un moine buddhiste dans sa traditionnelle toge bordeau siégeait quelques rangs devant moi. Je me souviens qu’il y avait des cheveux, beaucoup de cheuveux sur les têtes, alors que je traversais les rangs pour rejoindre mon siège. Et puis un drôle d’énegumène, barbe de derviche et yeux rieurs, chemises de lin et pantalon traditionnel s’est assis à côté de moi : son nom c’est John Roux. Un américain de père français, un homme d’excellente compagnie qui correspondait en tous points à l’idée que je me faisais de ces hippies des années 70 qui venaient se perdre dans les ruelles du vieux Kathmandu. Mi-homme, mi-guru en mutation, d’une grande humilité dans ces propos, cela faisait déjà six mois qu’il traînait dans la région successivement à pied, puis à vélo. Visiblement, cela faisait également six mois qu’il avait décidé de jeter ses lames de rasoir… Clairement, il ne comptait pas repartir de sitôt puisqu’il a fait renouveler son visa une fois arrivé. Impossible de percer en si peu de temps, le secret qui se cachait derrière John Roux : ni la façon dont il vivait, ni les raisons qui l’ont poussé à partir ou à venir (c’est selon), ni même comment il a pu rejoindre Bengalore depuis Kathmandu à vélo. Toujours est-il qu’il semblait avoir tout son temps devant lui et qu’il avait l’air profondément heureux. Une transformation comme on les lit dans ces best-sellers comme « Le moine qui vendit sa Ferreri » de Sharma par exemple. Toujours est-il qu’il y allait justement dans les villages profonds de l’Himalaya loin des sentiers battus. Et si j’avais eu trois mois devant moi, je dois dire que je l’aurais bien suivi…

Bref, je ne l’ai pas réalisé tout de suite, mais j’avais sous les yeux un avant-goût de ce que serait pour moi le Népal en termes de dépaysement, et de découverte : un Ovni. Un croisement de cultures, un melting-pot de gens venus de tous les horizons, rassemblés dans ce qui était antan, une étape clé sur la route de la soie. Une terre où le temps semble s’écouler à un autre rythme, ni complètement à part, ni complètement dans le système mondialisé…

Le Népal est une terre comme je n’en ai jamais vu auparavant, la première étape de mon voyage, et tout ne fait que commencer !

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