Road-trip en Asie

Le monde sous un regard (dé)bridé

Dien Bien, dernière cuvette avant la sortie

Je passerai assez rapidement sur les différents chapitres qui me séparent du présent. Si chacun de ces épisodes est riche d’anecdotes qui justifieraient que je m’y attarde, j’ai aujourd’hui envie d’explorer d’autres champs de réflexion que de la pure visite touristique : des sujets sur lesquels je me sens prêt à livrer quelques réflexions.
Voici donc un aperçu en accéléré du trajet menant de Sapa (au Nord Vietnam), à une trentaine de kilomètres à peine de la frontière chinoise, à Dien Bien, point de sortie symbolique situé au sud de la protubérence crâniène du pays, à quelques deux cents quatre-vingt kilomètres de là.
Comme toujours dans ce genre de périple, l’histoire commence par une route. Encore plus chaotique que celle de l’aller, encore plus exigeante en termes d’attention et de patience, encore plus errintante que tous les tronçons réunis auparavant. Une route en mutation.  Simple support de construction à une autoroute bien plus en lien avec notre époque et nécessitant des manoeuvres héculéennes. Partout les engins de chantiers, taillent et débitent des collines entières, coulent des milliers de tonnes de béton chaque semaine et construisent des ponts capables de franchir des lacs de plusieurs kilomètres de large. Autant dire que la route est dévastée et souvent obstruée.
Au Nord, ce sont les montagnes qui gouvernent. Elles offrent une route en lacets d’une qualité comparable à un chemin du pays de Caux tout au plus. Parsemé de pierres pointues et soupoudré d’une poussière épaisse, ce parcours est également émaillé de quelques points d’eau qu’il faut savoir traverser. L’humidité au petit matin est impressionante. Les nuages de condensation émanant des canopées qui tapissent l’horizon, se forment en direct. Une fine bruine accompagne le tout.
Après une petite heure, la route prend la forme d’un tracé du Paris-Dakar à travers les grandes plaines annonçant la ville fantôme de Laï Chau. Les quelques semi-remoques qui empruntent l’itinéraire innondent leurs sillons d’un torrent de poussière. Dessous git un asphalte frâichement aplati mais que l’on devine à peine. Impressionnante de modernité, cette capitale régionale l’est aussi par le calme de ses avenues. Des kilomètres durant, il est possible de rouler sur des quatre-voies plus désertes que des autoroutes au milieu du désert Saoudien. Les cygnes mécaniques hibernent sur les bords d’un lac aux eaux sombres ou les façades des hôtels fermés pour cause de hors-saison languissent devant leur reflet sans vie. Il est difficile de rencontrer un être à qui parler. Aucune activité commerçante, rien d’autre que les ombres des drapeaux aux couleurs du régime et des bâtiments officiels au style néo-stalinien. On peut s’y perdre une heure et demi si comme moi, on avance sans carte détaillée et en se fiant aux indications des rares passants. De quoi devenir fou, dans cet univers digne d’un roman de Stephen King, ville menacée par une pluie atomique et dont les habitants auraient fui, prévenus par les autorités. Studio de tournage à grande échelle, fermé pour cause de crise financière. A la campagne les acteurs, techniciens de plateau, réalisateurs, je suis seul au milieu du nulle part. Les nuages noircis de colère, couronnant d’impénétrables montagnes qui assiègent la ville, ne font qu’ajouter au sentiment d’avoir pénétré dans une dimension à la fois irréelle et menaçante.
Quand on parvient à s’extraire à cet univers, ce sont les ouvriers des chantiers publics qui nous attendent. Ces hommes qui travaillent mais aussi vivent aux abords du nouveau tracé, se relaient du matin au soir par quarts de huit heures. Ceux qui barrent le chemin pendant qu’une équipe est à la manoeuvre un peu plus haut sur la colline.
Un des principaux enseignements de ce voyage aura été le suivant : il est possible de profiter de chaque occasion pour apprendre d’autrui. Même sur le bord d’une route défoncée, crasseux de poussière et mort de soif, on trouve matière à échanger et à apprendre. Deux arrêts forcés d’une petite heure chacune m’auront permis d’échanger quelques cigarettes, et quelques éclats de rire avec ces habitants de nulle-part. Tirer un portrait, échanger quelques mots au sujet de la Minsk et c’est reparti.
Après neuf heures, on touche au but. Rincé tant par la concentration constante et continue requise par le parcours que par la perturbation pluvieuse annonçant l’arrivée imminente du Typhon… . Les derniers kilomètres montrent bien une cuvette. Je ne m’attendais pas néanmoins à ce qu’elle fut si large.
Les jours qui suivent sont un enchaînement de départ-arrêtés. Bloqué à cause de la météo tout d’abord, puis en raison de ses conséquences sur le tronçon reliant la ville au poste frontière, je passerai, au total, près de six jours dans cette ville qui ne me laissera ni bonne, ni mauvaise impression au final. Si vous visitez le Vietnam pour une courte durée, il n’est pas nécessaire de faire tout le long chemin depuis Hanoï. Les attractions locales sont limitées. A moins que vous ne soyez un chercheur sur les thèmes suivants : étude des itinéraires de la drogue dans le Sud-Est Asiatique, traitement politique des théatres d’opération militaire ou encore audit des différents cas de prostitution aux abords des zones frontalières, vous ne trouverez que peu d’intérêt pour justifier le déplacement. Pour ma part, j’ai passé le temps en compagnie de deux français qui cherchaient aussi à minimiser les frais. Tout naturellement, ils sont tombés tout comme moi dans cet hôtel où les chambres étaient plus souvent louées à l’heure.
-”Massage Boum boum?” : tel sera le gentil message d’accueil adressé par la patronne des lieux, comme un rituel, une ultime tentation avant le coucher. Un voyage m’aura donc appris, en plus du reste, que je n’étais pas trop porté pour la chose rémunérée.  Je vais vous décevoir sur ce coup-ci, mais non, je n’ai pas franchi le cap… Pas encore du moins.  Au contraire, j’ai même vécu la frustration d’un massage hésitant et poussif, engendré par ce que j’appellerais une erreur de recrutement de ma part. Je croyais me trouver dans un hôtel respectable au coeur d’un quartier chic, en compagnie de professionnels du dos quand je demandais que l’on me soulage de ce millier de kilomètres parcouru à deux-roues. Qu’elle a été ma déception quand j’ai compris au bout de quelques minutes à peine, que les seuls choix qui s’offrairaient à moi pendant les cinquante minutes restantes étaient soit de se satisfaire de cette bouche peu séduisante à mes yeux mais qui se serait alors appliquée d’une manière sans doute bien plus professionnelle à étaler tout son art, ou bien d’accepter que ces quelques minutes pendant lesquelles l’aveu d’incompétence était total, n’étaient que l’introduction à une longue heure de palpés-roulottés aussi agréables que l’application d’un produit anesthésiant par un étudiant dentiste. Patience, patience : compagne fidèle du voyageur.
Après ce qui furent quelques heures de recherche, il faut bien l’avouer, nous sommes parvenus à identifier le champ de bataille. Les vietnamiens décidément ne sont guère très nostalgiques des victoires passées. Quelques restes de français ici ou là. Deux chars d’assaut devant un près, une DCA abandonnées. Le dernier bunker enfin. A

Je passerai assez rapidement sur les différents chapitres qui me séparent du présent. Si chacun de ces épisodes est riche d’anecdotes qui justifieraient que je m’y attarde, j’ai aujourd’hui envie d’explorer d’autres champs de réflexion. J’ai envie de m’éloigner de la pure visite touristique. Des sujets qui murissent depuis quatre mois bientôt et sur lesquels je me sens prêt à livrer quelques réflexions.

Voici donc un aperçu en accéléré du trajet menant de Sapa (au Nord Vietnam) – à une trentaine de kilomètres à peine de la frontière chinoise – jusqu’à Dien Bien, point de sortie symbolique situé au sud de la protubérence crâniène du pays. Deux cents quatre-vingt kilomètres d’aventure, que du bonheur !

Comme toujours dans ce genre de périple, l’histoire commence par une route. Encore plus chaotique que celle de l’aller, encore plus exigeante en termes d’attention et de patience, encore plus errintante que tous les tronçons réunis auparavant. Une route en mutation.  Simple support de construction à une autoroute bien plus en lien avec notre époque et bien plus à l’image du Vietnam d’aujourd’hui, cette ancienne route est le théâtre de manoeuvres Hérculéennes, orchestrées par les Ponts et Chaussées. Partout les engins de chantiers, taillent et débitent des collines entières, coulent des tonnes de béton par milliers et construisent des ponts capables de franchir des lacs de plusieurs kilomètres de large. Autant dire que la route est dévastée et souvent obstruée.

Au Nord, ce sont les montagnes qui gouvernent. Elles offrent une route en lacets d’une qualité comparable à un chemin du pays de Caux tout au plus. Parsemé de pierres pointues et soupoudré d’une poussière épaisse, ce parcours est également émaillé de quelques points d’eau qu’il faut savoir traverser. L’humidité au petit matin est impressionante. Les nuages de condensation émanant des canopées qui tapissent l’horizon, se forment sous mes yeux. Une fine bruine accompagne le tout.

Vietnam mountain roads with the morning mist

Après une petite heure, la route prend la forme d’un tracé du Paris-Dakar à travers les grandes plaines annonçant la ville fantôme de Laï Chau. Les quelques semi-remoques qui empruntent l’itinéraire innondent leurs sillons d’un torrent de poussière. Dessous git un asphalte fraîchement aplati mais que l’on devine à peine. Impressionnante de modernité, cette capitale régionale l’est aussi par le calme de ses avenues. Des kilomètres durant, il est possible de rouler sur des quatre-voies plus désertes que des autoroutes au milieu du désert Saoudien. Les cygnes mécaniques hibernent sur les bords d’un lac aux eaux sombres ou les façades des hôtels fermés pour cause de hors-saison languissent tels des Narcisse devant leur reflet sans vie. Il est difficile de rencontrer un être à qui parler. Aucune activité commerçante, rien d’autre que les ombres des drapeaux aux couleurs du régime et des bâtiments officiels au style néo-Stalinien. On peut s’y perdre une heure et demi si comme moi, on avance sans carte détaillée, en se fiant aux indications des rares passants. De quoi devenir fou, dans cet univers digne d’un roman de Stephen King. Ce pourrait être une ville menacée par une pluie atomique et dont les habitants auraient fui avant le cataclysme. Ce pourrait un studio de tournage Hollywoodien, fermé pour cause de crise financière. A la campagne les acteurs, les techniciens de plateau, les réalisateurs, je suis seul au milieu du nulle part. Les nuages noircis de colère, couronnant d’impénétrables montagnes qui assiègent la ville, ne font qu’ajouter au sentiment d’avoir pénétré dans une dimension à la fois irréelle et menaçante.

Lai Chau, Ghost city Vietnam

Quand on parvient à s’extraire à cet univers, ce sont les ouvriers des chantiers publics qui nous attendent. Ces hommes qui travaillent mais aussi vivent aux abords du nouveau tracé, se relaient du matin au soir par quarts de huit heures. Ce sont eux qui barrent le chemin pendant qu’une équipe est à la manoeuvre un peu plus haut sur la colline.

Un des principaux enseignements de ce voyage aura été le suivant : il est possible de profiter de chaque occasion pour apprendre d’autrui. Même sur le bord d’une route défoncée, crasseux de poussière et mort de soif, on trouve matière à échanger et à apprendre. Deux arrêts forcés d’une petite heure chacun m’auront permis d’échanger quelques cigarettes, et quelques éclats de rire avec ces habitants de nulle-part. Tirer un portrait, échanger quelques mots au sujet de la Minsk et c’est reparti !

Après neuf heures, on touche au but. Rincé tant par la concentration constante que demande ce parcours, que par la perturbation pluvieuse annonçant l’arrivée imminente du Typhon Ketsana. Les derniers kilomètres montrent bien une cuvette. Je ne m’attendais pas néanmoins à ce qu’elle fut si large.

Les jours qui suivent sont un enchaînement de départ-arrêtés. Bloqué à cause de la météo tout d’abord, puis en raison de ses conséquences sur le tronçon reliant la ville au poste frontière avec le Laos, je passerai, au total, près de six jours dans cette ville qui ne me laissera ni bonne, ni mauvaise impression au final. Si vous visitez le Vietnam pour une courte durée, il n’est pas nécessaire de faire tout le long chemin depuis Hanoï. Les attractions locales sont limitées. A moins que vous ne soyez un chercheur porté sur les thèmes suivants : étude des itinéraires de la drogue dans le Sud-Est Asiatique, traitement politique des théatres d’opération militaire ou encore audit des différents cas de prostitution aux abords des zones frontalières, vous ne trouverez que peu d’intérêt pour justifier le déplacement.

Pour ma part, j’ai passé le temps en compagnie de deux français qui cherchaient aussi à minimiser les frais. Tout naturellement, ils sont tombés tout comme moi dans cet hôtel où les chambres étaient plus souvent louées à l’heure que pour une nuit toute entière. J’ai passé le temps à fuir les ondées capables d’inonder les systèmes d’évacuation des eaux de la ville en quelques minutes à peine.

Thomas and Dominique, french dudes across Asia

-”Massage Boum boum?” : tel sera le gentil message d’accueil adressé par la patronne des lieux, comme un rituel, une ultime tentation avant le coucher. Un voyage qui m’aura appris, en plus du reste, que je ne suis pas trop porté sur la chose rémunérée.  Je vais vous décevoir, mais non, je n’ai pas franchi le cap… Pas encore du moins.  Au contraire, j’ai même vécu la frustration d’un massage hésitant et poussif, engendré par ce que j’appellerais une erreur de recrutement de ma part. Je croyais me trouver dans un hôtel respectable au coeur d’un quartier chic, en compagnie de professionnels du dos quand je demandais que l’on me soulage de ce millier de kilomètres parcouru à deux-roues. Qu’elle a été ma déception quand j’ai compris au bout de quelques minutes à peine, que les seuls choix qui s’offriraient à moi pendant les cinquante minutes restantes seraient soit de se satisfaire d’une bouche peu séduisante à mes yeux mais qui se serait alors appliquée d’une manière sans doute bien plus professionnelle à étaler tout son art, ou bien d’accepter que ces quelques minutes pendant lesquelles l’aveu d’incompétence était total, n’étaient que l’introduction à une longue heure de palpés-roulottés aussi agréables que l’injection d’un produit anesthésiant par un étudiant dentiste. Patience, patience : compagne fidèle du voyageur.

Après ce qui furent quelques heures de recherche, il faut bien l’avouer, nous sommes parvenus à identifier le champ de bataille. Le fameux théâtre de l’enfer de notre contingent. Les vietnamiens décidément ne sont guère très nostalgiques des victoires passées. Quelques restes de français ici ou là, deux chars d’assaut devant un pré, une DCA abandonnée… Le dernier bunker enfin.

Une chose intéressante est à noter à propos de ce lieu : jamais auparavant avais-je ressenti aussi intensément l’atrocité du combat. Bien que ne soient entreposés là que quelques carlingues défoncées, criblées de balle, il se dégage de ce petit bout de plaine un parfum de terreur. La solitude qui m’habite au moment de conduire ma Minsk jusque devant l’ultime campement français, les lueurs du soir, tout cela me projette littéralement dans les deux mois d’enfer qui ont précédé la capitulation.

Les collines sur lesquelles sont établies les forces françaises, tombent une à une en quelques jours à peine. Seule la colline Aline résistera jusqu’aux derniers levers de soleil. Au milieu, le terrain d’aviation est rapidement détruit par les Viet-Minhs qui en ont fait un objectif prioritaire. Sans appui aérien, les troupes restantes sont cloisonnées, prises en tenaille, sous une pluie de mortiers qui tombent sans discontinuer pendant plus de 60 jours. L’aéroportée française tente bien de survoler et de larguer quelques munitions et vivres pour les comdamnés au sol, mais la majorité des colis tombe du mauvais côté de la barrière, alimentant du même coup le camp ennemi. Lorsque le Général Giap contemple le dernier lever de soleil, celui qui viendra couronner son écrasante victoire, le campement français ne fait plus que quelques centaines de mètres carrés. Un mouchoir de poche d’où surgira quelques heures plus tard le drapeau blanc synonyme de capitulation.  Au moment où les hostilités cessent, les survivants côté français ont l’impression d’être devenus sourds. Un silence de mort règne pendant quelques minutes avant que les troupes ennemis n’ordonnent l’évacuation du bunker. Une éternité, semble-t-il. Sentiment de petite-mort et d’incrédulité. Une nouvelle fois dans son histoire, le français avait sous-estimé l’ennemi, mais quel courage ! Quel courage il a fallu pour tenir si longtemps…

Dernier bunker français et capitulation en Indochine

Je quitte finalement le Vietnam au petit matin du sixième jour avec les premiers bus. Le poste frontière est atteint en une petite heure. Aucun problème pour traverser avec mon véhicule. Je dispose à présent d’un visa d’un mois et d’une autorisation provisoire de circulation d’une durée similaire. Un nouveau chapitre s’ouvre : le Laos !

4 Responses to “Dien Bien, dernière cuvette avant la sortie”

  1. mamijo dit :

    L’aventure continue !! vroum!!!vroum !!!!

  2. mamijo dit :

    merci pour tes récits!I love you didou!

    annab

  3. craven dit :

    Beau périple superbement évoqué par les notes de voyage que l’on savoure avec plaisir – ne perdez pas votre style et l’acuité de votre regard.

    Que ce soit aux confins du Laos et du Tonkin, aux alentours de Verdun, dans les plaines de la Somme, sur les rivages de Normandie, un champs de bataille sera toujours un lieu de sinistre mémoire où la folie meurtrière, l’emporte sur la raison. Ces espaces choisis pour des raisons stratégiques par les militaires ne peuvent avoir de dimension esthétique, il ne ressort que l’aspect utilitaire du champs que les armées se sont employées à dévaster – point de pitoresque, qu’une matière brute laissant apparaître ici et là des cicatrices, des esquilles et des restes de feraille …

    Au plair de vous lire

  4. admin dit :

    Cher Craven,

    Merci pour ce riche commentaire qui me permet d’étayer un peu plus cette conviction qui fait jour en moi et ce de plus en plus fortement, au fil des kilomètres, des pages lues et des moments de réflexion.

    J’estime pour ma part que ces lieux qui, comme vous le dîtes si bien : sont “toujours un lieu sinistre de mémoire où la folie meurtrière l’emporte sur la raison” peuvent et même ont une forte dimension esthétique.

    Il ne s’agit pas pour moi de contempler les amas de ferrailles ou les trous de bombe témoignant de la réalité des violences. Il ne s’agit pas de contempler les restes matériels – pour cela, le spectacle offert dans certaines galeries d’art contemporain est souvent d’une portée supérieure – mais plutôt de jauger de l’intensité des émotions humaines suscitées par pareilles situations.

    L’homme porte en lui tout le bien et le mal que connait ce monde. Il est en cela une créature extraordinaire dont l’étude est un sujet sans limite d’horizon. La guerre quand à elle est séculaire et peu de moyens de prévention lui résistent. Elle façonne le monde et les droits qui le régissent. Elle imprègne petit à petit l’inconscient collectif et le mène vers son futur.

    Passage obligé dans la répétition des cycles, la guerre est aussi un agent de nettoyage extraordinire (au même titre que la mort qui je dois l’avouer ne me semble pas sordide elle non plus) annonçant le renouveau. Je dois bien l’admettre le champ de bataille a sur moi une teinte onirique, un théatre dans lequel l’homme joue son rôle avec plus de résonance que nulle part ailleurs. Un état d’urgence où tous les comportements deviennent hors normes et donc précieux pour le collectionneur du comportement social. Je louais la résistance de la poignée soldats qui vécurent le cessez-le-feu dans ce texte, car aux vues de ce champ de bataille, on affirmer sans en douter que l’épreuve fut des plus intenses. A l’heure où les conflits se font de manière sous-terraine, sous de faux drapeaux, de manière larvée et sur la seule base de la manipulation des opinions publiques, le champ de bataille conserve lui sa part d’authenticité qui le rend finalement moins malsain que notre quotidien.

    C’est en cela que je le trouve beau le champ de bataille. Mais avant toute chose merci pour vos encouragements. J’espère lire à nouveau vos commentaires éclairés dans le futur. Adrien

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