Road-trip en Asie

Le monde sous un regard (dé)bridé

Oh-my-god : Halong Bay

Halong Bay, c’est en quelque sorte un décor de conte fantastique plongé dans une eau émeraude à 30°C et situé à trois heures à peine de la capitale Hanoï par la route.

Deux fois classé au patrimoine mondial de l’Unesco, doté de près de 3,000 îlots composant un relief karstique comme nulle part ailleurs, cet ensemble de pics rocheux turgescents à la végétation luxuriante – et baigné dans une brume matinale, si caractéristique de cette région – n’a pas son équivalent sur la planète. Il y a bien la baie de Phang Nga en Thaïlande et son fameux rocher de James Bond – et je serai en mesure de faire la comparaison une fois que j’aurai approché ce deuxième site – mais en attendant, je reste persuadé que ce que j’y ai vu est une exception de la nature, un lieu unique dont il convient de louer la beauté à  sa juste valeur.

Halong Bay in the early morning gloom

Mais Halong Bay c’est aussi l’énorme frustration des circuits touristiques organisés. Difficile, voire impossible d’échapper aux jonques bardées de leurs armées de major d’hommes, aux journées chronométrées par un guide touristique qui emmène tel un berger des Alpes, son troupeau paisser de site en site jusqu’à ce que le soleil tire sa révérence, fatigué de tout ce cirque.

Ici les pâturages sont des criques encaissées, des grottes gigantesques pénétrant au coeur de la montagne et révélant des formes géologiques insoupçonnées, ou encore des plages de sable fin, arrimées comme par magie à des pitons coiffés d’une jungle impénétrable. Les moutons, eux, sont des touristes dûment tatoués qui semblent savourer sans se poser de question tout ce qu’on leur présente en pâture : légumes coupés en forme de parasol au moment des repas, musique de karaoké diffusant tantôt des airs du film titanique, tantôt du Serge Gainsbourg, le tout joué sur qui semble être un synthétiseur Bontempi des années 80 : du vomis pour les oreilles, ou encore les sorties de groupe en canoë – myriade de gilets orange – où l’on ne manque pas d’entendre le bêlement caractéristique du touriste le plus savoureux de la planète : le fameux Oh-My-God.

C’est que la clientèle est composée à 80% d’américains. Ceux que l’on arrive facilement à éviter en temps normal, parce qu’ils restent confinés là où les climatiseurs crachent un air à 18°C et où CNN diffuse ses brèves telle une colique incontrôlable, font ici partie du voyage et agrémentent donc l’expérience du touriste européen qui, n’ayant d’autre choix, fera mine soit par politesse, soit parce qu’il a peur que son interlocuteur sorte tout à coup un laceau et un revolver de sa poche, que tout va bien même quand il est au bord de la crise de nerfs.

« Oh-My-Goooooooooodness ! Mais vas-tu te taire et nous laisser profiter en paix de ce merveilleux spectacle? Pourquoi n’emmènes-tu pas ta carcasse en surpoids devant le buffet des desserts pour t’adonner à ton hobby favori : engloutir des kilos de crème glacée? C’est quoi ton problème avec Dieu? Tu crois pas qu’il en a marre lui aussi de t’entendre beugler comme une vache à chaque fois que se présente décor différent de ce que l’on peut observer à Montgomery Alabama? Range donc ton appareil photo que tu agites comme s’il s’agissait d’une tapette à mouches et va t’assoir. Il n’y a pas de moustiques ici, tu es bien le seul nuisible. »

Le nouvel agent orange

Deux jours… Quarante-huit heures, à endurer ce spectacle affligeant, à boucher ses oreilles pour ne pas entendre les inepties de ceux qui par leur vote ont entériné la vaporisation d’agent orange dans cette même région quelques cinquante ans auparavant et aujourd’hui débarquent la bouche en coeur sans avoir une idée de ce que leurs parents, cousins, voisins, ont fait endurer à la population locale sans justification réelle, si ce n’est la défense des intérêts de leur industrie de l’armement. Quarante-huit heures à employer sur soi, tel un traitement miraculeux le conditionnement psychologique et la fameuse méthode Coué :

- »Tout va bien, je suis dans un lieu magnifique, il n’y a pas lieu de s’énerver, relax et profite… »

- »Oh my god, mum did you see that? It’s a cloud that looks like Mickey Mouse above our heads… The people are so skinny here ! » (Quel est le rapport petite greluche enfarinée, retourne à ton lecteur DVD portable !)

Du coup j’en suis arrivé à mener ma propre réflexion sur ce peuple du Nouveau Monde. Face à la répétition d’une telle frustration, impossible de ne pas finir par se demander comment on a pu en arriver là et comment, nous, parviendrons à échapper au virus qui semble les avoir touché : le virus de la connerie généralisée et sanctifiée. Le « merveilleux esprit d’ouverture à la pensée unique » de l’américain moyen.

Comment un pays qui me faisait rêver étant petit à pu se transformer en une telle terre de décadence? Comment l’Amérique que je chérissais, que je croyais sincèrement libératrice de tous les maux et où j’ai passé près d’une année de ma vie dans ma jeunesse, peut me dégoûter autant aujourd’hui? Excès d’illogismes, excès d’individualismes, excès d’égocentrismes, excès d’excès… Je reste avec encore tant de questions sans réponses…

Mais dans ce monde du XXIè siècle, au moment où tout ce qui nous arrive de mauvais semble prendre sa source de l’autre côté de l’Atlantique, il est grand temps de s’interroger de la manière la plus simple qui soit, de poser quelques questions enfantines et de voir ce que la psyché commune a à y répondre. Bref, il est temps de poser le problème sur la table et de s’offrir un temps de réflexion, ce que les moutons de Panurge ont oublié de faire avant de plonger dans le précipice.

-Comment un peuple dont l’un des présidents les plus adulés de son temps et assassiné aux yeux de tous d’une balle dans la tête a pu accepter sans broncher que le dossier soit classifier pour près de … 75 ans? Quelle raison logique peut-on trouve à cela? Ne veut-on pas connaître la vérité et poursuivre avec fondement les vrais auteurs de ce crime? La vérité, c’est que jusqu’à présent, nous n’en avons rien eu à faire, que nous avons laissé filer notre pouvoir d’action et de décision. Nous avons fait confiance… aveuglément !

-Comment un pays qui, depuis 1945, a bombardé plus d’une cinquantaine de nations (par le biais d’opérations plus ou moins officielles) et renversé une vingtaine de gouvernements à commencer par celui de Mossadegh en Iran (qui était loin d’être un fondamentaliste), pour le résultat que nous lui connaissons, peut-il encore se présenter comme un libérateur?

- Comment un peuple qui a protégé l’impunité de l’état le plus criminel de la planète depuis sa création (Israël) et récemment envahi l’Irak au mépris de tous les vétos et de toutes les législations mises en place depuis la seconde guerre – pour précisément éviter l’émergence de conflits arbitraires – peut-il encore se présenter comme le pourfendeur de la paix et de la liberté et y croire sincèrement? Nous sentons-nous vraiment en sécurité suite à cet incident majeur, maintenant que nous avons pu constater qu’aucun gouvernement ne bouge le petit doigt en pareille situation ? Hors mis un maigre « non » français, voilà bien l’enseignement qu’il faut en tirer.

-Comment un peuple, le plus puissant de la planète, peut-il se contenter d’un système éducatif au sortir duquel les élèves de high school (l’équivalent de notre terminale) ne savent placer ni l’Italie, ni l’Inde correctement sur une carte mais se voient en revanche dispensés des cours d’éducation financière (en remplacement probable de la philosophie et de l’histoire) et pourtant se prétendre l’élite de la planète?

-Comment un peuple peut-il élire un acteur du calibre de Terminator comme gouverneur d’un de ses états les plus éminents? Mince, quand-même… On parle de Arnold Fucking Schwarzenegger… « I’ll be back! » Sure there you are !

-Comment un peuple peut-il accepter que dans une élection présidentielle, les deux adversaires en lice (G.W. Bush vs. Kerry), non seulement sortent de la même université mais qui plus est, après avoir partagé l’intimité d’une société secrète où seul une vingtaine de membres sont admis chaque année, soient présentés comme des adversaires réels?

-Comment un peuple peut-il tolérer qu’au nom de la sécurité soient passées des lois annihilant toutes les libertés individuelles constituées par leurs pères fondateurs. Légalisation des écoutes téléphoniques sans justification au préalable, inspection des domiciles sans mandat de justice, infiltration des associations sous couvert d’anonymat, fichage systématique (digital et rétinien) de tous les citoyens et même confiscation immédiate et sans préavis des biens de toute personne jugée comme étant un risque pour la sécurité des Etats-Unis en Irak et au Liban (?), le concept est plutôt vague vous avouerez (Homeland Security Act de 2002).

-Comment un peuple qui a vu près de 9,000,000 de ses familles perdre leur toit entre 2008 et 2009 du fait de la crise financière peut continuer à regarder l’avenir sans exiger de ses autorités que quelques garanties tangibles soient apportées au citoyen, au delà des promesses faites depuis toujours d’améliorer la transparence de l’industrie financière?

-Comment un peuple qui a vu, ces trois dernières années, près de 9,000 milliards de dollars disparaître miraculeusement de ses caisses publiques (enfin… pas vraiment publiques tout compte fait), ce qui représente un endettement de $30,000 pour chaque femme, homme et enfant vivant dans ce pays peut-il avancer sans traiter rigoureusement la question?

-Comment un peuple, peut-il tolérer qu’un événement majeur tel que la chute des tours jumelles, aussi traumatisant et lourd de sens soit-il, reste entouré de tant de zones d’ombre et se satisfaire des travaux d’une commission obscure qui de son propre chef, avoue qu’au terme de son enquête, elle ne peut résoudre la plupart des points d’interrogation qui entourent le dossier? La tour n°7, troisième ensemble à tomber vers 17h en cette triste journée reste un phénomène encore inexpliqué. Dans le pays où l’on échafaude les plans de la conquête spatiale, ne sommes-nous pas capables d’élucider ce mystère bien terrien? Bien-sûr que si !

-Comment un peuple dit « dominant » peut-il regarder ses enfants devenir si odieusement obèses dans des proportions qui dépassent l’entendement (65% de la population en surpoids, 30% en situation d’obésité) et ne pas demander des comptes aux géants de l’agroalimentaire qui composent son paysage culinaire?

-Comment un peuple leader au XXIè peut-il accepter que soit enseigné dans ses écoles primaires la théorie de Darwin (très succinctement quand elle l’est), aussitôt opposée à la théorie créationniste (Dieu créa la terre en sept jours), perçue comme seule vérité valable (même scientifiquement) et bâtir un avenir sur de telles suppositions ?

-Comment un peuple aussi avancé « sur le papier » peut-il encore foncer à l’aveuglette sans réponse à toutes ces questions et rester sourds aux innombrables personnalités de talent qui tentent de la mettre en garde (John Perkins, Bill Hicks…)

-Comment un peuple peut-il se prétendre défenseur de la foi chrétienne, proche de Dieu quand chez eux, ni le pardon, ni la non-violence, et encore moins l’amour universel ne semblent être des concepts qui résonnent?

Comment…? Je finis par me dire que tout ceci ne peut être réel, que nous vivons dans un sorte de réalité virtuelle où le bon sens a été insidieusement oté de nos esprits, que nous allons nous réveiller et que tout ira bien au final. Je constate tout ceci par écrit ici, vous épargnant au passage mes réflexions sur le bien fondé même du système monétaire et financier que je me suis employé à étudier durant quatre années en école supérieure, et je n’oublie pas que notre inaction face à ses sujets est au moins aussi coupable que l’ignominie perpétrée par les acteurs pré-cités. La situation de Gaza et de toute la Palestine en général, constituant le point d’orgue de cette injustice délibérément mise en oeuvre. Je suis blessé, depuis tant d’années maintenant que cela fait partie de ma chair, de mon paradigme, de ma propre version de la réalité. Jamais je ne pourrai plus regarder le monde avec mes yeux d’enfants, ni ne pourrai croire dans un semblant de justice internationale. Je ne pourrai plus lire non plus ce qui sort dans la presse Mainstream sans douter de la véracité des propos qui y sont énoncés. Thank you America, all this comes from you !

Je ne veux pas devenir comme ces gens là, ils ont tué mon innocence et ma foi dans un monde meilleur. Je ne veux pas que mes enfants (si j’en ai un jour), grandissent dans cet aveuglement collectif. Quel pays pourra jouer le rôle de modèle pour les générations à venir maintenant que le vrai visage de cette Nouvelle Amérique sort chaque jour un peu de l’ombre dans laquelle il s’était tapis?

Peuple d’Europe, ceci est ce qui nous attend, nous sommes déjà sur la voie. C’est notre avenir tracé droit comme une route du Nevada que vous voyez là. Nous laisserons-nous à notre tour manger par les ogres du grand capital, ceux qui nous informent, financent nos hommes politiques, façonnent le marché, notre marché, et croirons-nous aussi aveuglément que feu nos cousins d’Amérique – aujourd’hui clairement une espèce en cours de mutation pour laquelle nous ne pouvons plus rien – croirons-nous encore longtemps que tous les individus à l’origine de ce désordre nous veulent du bien? Croirons-nous tout ceci aveuglément, ou rentrerons-nous en résistance? Pour l’amour de nos enfants, je prie pour la seconde option, même si je sens que nous n’avons jamais été aussi prêt de la capitulation. Capitulation, un mot que le peuple vietnamien n’a jamais accepté, lui !

Peuple de France, peuple de la révolution et du soulèvement contre l’autorité abusive, touriste d’Halong à la vision encore claire, réveille-toi ! Citoyen du monde, toi qui rêvait d’un monde meilleur étant petit, réveille-toi ! Homme, femme du XXIè siècle, toi sur qui repose la charge d’accepter sans broncher le monde de 1984 qui se dessine ou de lutter avant qu’il ne soit définitivement trop tard, réveille-toi !

Ne laisse pas cette petite voix à l’intérieur de toi s’éteindre, ne laisse pas le plus grand nombre, ces aveugles, te dicter ce qui devrait être ta propre conception de la normalité.

Résistance

Je sais, nous avons tous un prêt à rembourser et une bonne raison de collaborer avec ce que nous savons tous être au fond : un système injuste, arbitraire et sans avenir radieux.

Bon sang, mais qu’y-a-t’il au dessus de notre conscience que nous acceptons chaque jour de mettre au silence en allumant notre poste de télévision?

Je laisserai ces quelques lignes sur la toile, en espérant qu’à sa petite échelle, telle une graine plantée dans une terre saine, en germera dans les temps futurs une pousse, un germe d’espoir. Le début d’une lutte intérieure, ne serait-ce que chez un seul autre terrien…


Le mot de la fin est pour John Perkins

Au final, « it’s just a game », notre passage sur terre, notre brève apparition, nos rêves… All this is just a game ! Facile quand on est en tour du monde de mettre un mot sur tout ceci, facile de comprendre que le système que l’on a quitté, on ne veut pas y revenir.

Halong, Halong, je voudrais y croire, hélas…

NB : cet article n’attend aucun commentaire. Je connais la frilosité du citoyen au moment d’aborder ces questions. Si vous avez lu ce post, c’est que la partie n’est pas encore perdue !

11 Responses to “Oh-my-god : Halong Bay”

  1. Marie (Dub) dit :

    Atmosphère très « durassienne » dans ces magnifiques photos, isn’t it ?
    Je laisse peu de commentaires mais je te suis toujours… Bisous Didou !

  2. mjo dit :

    Très difficile de prendre conscience de ces choses là et de rester optimiste ! C’est pour celà que nous essayons quelques reves : enfants, maison, voyages ….. Nous essayons d’échapper …..
    Que pouvons nous faire ???? Avance dans ton parcours et lâche du lest …. Je t’adore !!!

  3. Melissa Jennings dit :

    YES! You speak the truth beautifully Adrien! This is exactly why I left America. But contrary to what the media leaves us to believe, there are many underground, grassroots organizations fighting against the bullshit!!!!

  4. admin dit :

    @Melissa : you are right to state this fact, absolutely right. Just as in Israël, there is a minority of people who stand against the destructive policies that are conducted for some years. And just as in Israël these are the bravest of all. I quoted some sentences of Bill Hicks and named John Perkins in this article as I personally admire these guys. Governments are not the true representatives of the people in many countries now. Foreign policies conducted by France for some years now don’t have the backup of the french population, but instituions have become so complicated that it is bearly impossible to figure out what’s really going on. We live in a dramatic period of crisis for democracy these days and whether one wants it or not, we’ll all get involved at a certain point. Corporatocraty is leading the game. Thanks for your comment Melissa and take care !

    Merci à toi cousinette et à toi ma chère maman. Ne te fais pas de soucis et profite de la vie va. C’est à nous, la jeune génération qu’il incombe désormais d’agir. Je sens que de mon côté, je ne pourrai plus faire comme si rien de tout cela n’avait existé, mais je ne vais pas arrêter de vivre pour autant. La route clarifie l’esprit et le voyage est encore long. Je vous embrasse fort.

  5. Sophie Boulte dit :

    J’ai lu, jusqu’au bout, les dents serrées et coupable

  6. admin dit :

    Coupable… Coupable de quoi ma chère Sophie? Tu es à mes yeux une des personnes les plus innocentes et vraies que j’ai rencontré dans mon ancien univers pro. Merci du commentaire, et sache qu’il est plus que jamais temps de rentrer dans la partie. Y réfléchir et en parler, c’est déjà oeuvrer dans le bon sens. Je sais que ça tu le fais déjà ;)

  7. Patvan dit :

    hola hermano
    Si un jour tu te dis que tu y es allé peut être un peu fort ds la série Comment un peuple ….
    regardes ca : http://www.youtube.com/watch?v=fsUVL6ciK-c
    beso
    p./

  8. Richard dit :

    La graine est plantée.

    Je n’ai pas perdu l’espoir de voir se réveiller un jour, une génération éclaboussée par toute cette merde, car elle n’aura plus le choix. L’anesthésie mentale n’est pas le cas de tout le monde, pour certains ils leur suffira d’ouvrir les yeux pour se rendre compte qu’ils n’ont plus d’autres choix que d’agir. Pour les moutons ils feront comme d’habitude: suivront et subirons comme des cons.

    Merci pour tes textes, et pour ta franchise, tu trouves toujours les bons mots pour transmettre ta pensée, c’est un vrai plaisir de te lire. Je t’envie Adrien ;) !

  9. ANNABEL CHERIK dit :

    oui, oui, c’est tellement vrai. mais le plus fou, c’est que tous les contre-pouvoir, toutes les rebellions semblent elles-aussi intégrées, tant le système est pervers depuis si longtemps.Reste à espérer que ce système s’auto-détruira puisque plus rien ne semble pouvoir l’arrêter.Mais certaines conscience restent en éveil!mais oh my god, I love you brother!

  10. Séverine dit :

    Tu es courageux Adrien d’exposer tes pensées si clairement. Tu n’as pas fini d’être surpris… Et déçu, dégoûté même et pas seulement des Etats Unis mais de (presque) toutes les sociétés capitalistes et colonisatrices qui ont détruit plus d’une culture et d’un peuple. ça fait mal, et je pense qu’on ne se remet jamais de ce type de voyage qui nous fait prendre conscience, complètement conscience. Chacun à notre échelle, nous devons essayer de « réparer » car oui, nous sommes coupables. La culpabilité existe, pour ceux qui ont conscience, et je pense qu’elle fait avancer. Bonne route et take care, ce que tu vis es fantatisque.
    Bises
    Sev
    PS : je suppose que tu as vu « Carnet de voyage », sinon à voir d’urgence… Ou comment un voyage a éveillé la conscience politique et révolutionnaire du Che

  11. Charlotte dit :

    Comme toi mon cher Didou j’avais une adoration pour les Etats Unis que je mettais sur un piedestal, j’aimais tout ce qui en sortait et voulais poursuivre ma vivre au Nouveau Monde.
    Comme toi j’en suis revenue – non sans mal – avec un enorme mal-etre: j’etais decue d’etre decue…

    maintenant tu as la chance incroyable de pouvoir prendre du recul, de te rendre compte!! les voyages longues durees sont les seuls a te permettre de prendre le temps de faire cette introspection sur toi meme et realiser, formaliser cette gene que tu gardes depuis tout ce temps!

    Comme dit Severine, d’autres pays, d’autres peuples te decevront, mais tu as maintenant la clarte d’esprit d’en tirer le meilleur :-)

    Je t’embrasse fort
    Enjoy

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