Road-trip en Asie

Le monde sous un regard (dé)bridé

Siem Reap et les temples d’Angkor

Les empires sont comme les hommes,
Impermanents, sujets au temps et à son continuum.

Leurs pierres témoignent d’un passé glorieux,
Amoncellement d’étoiles sous le regard des Dieux.

Des cours aux fastes ostentatoires,
Ne reste que les récits : naître, vivre et puis déchoir…

Comme nos illustres anciens, certains de ces palais, pour leur grandeur, sont vénérés,
Touristes et badots devant leurs restes se font photographier.

Mais qu’importe la portée des actes de ces héros d’un autre temps,
Ce que nous retiendrons, c’est que nous y étions et c’est bien suffisant…

La seule sagesse qui vaille est celle du plus grand nombre,
Populaire, oublieuse, accompagnant le présent comme une ombre.

Siem Reap en cela témoigne de notre époque,
Eblouissante en apparence, culturellement en loques.

Les empires passent et puis s’effondrent,
Eux aussi retournent à la terre… pour mieux s’y fondre !

Quelques infos utiles si vous prévoyez de visiter Angkor

Siem Reap, (traduisez « défaite de Siam » : merci les français) est le nom donné à cette ville nouvelle avoisinant les temples de l’ancienne cité d’Angkor, abandonnée suite à une déroute militaire aux alentours de 1430 face aux armées du royaume de Siam voisin (l’actuelle Thaïlande).

Figurant à ce jour parmi les sites touristiques les plus visités du monde, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, Siem Reap a logiquement connu ces vingt dernières années une croissance démesurée. On y trouve aujourd’hui l’éventail complet des offres pour touristes typiques du Sud-Est asiatique : marché de nuit, salons de massage, drogues de plus ou moins bonne qualité, etc, etc.

Des hébergements allant de la chambre d’hôte à $4 au grands hôtels de luxe, vous aurez également le choix entre à peu près toutes les cuisines du monde : khmer, chinoise, Thaï, française, italienne, World junk, dans le centre ville, aux alentours de la fameuse « Pub Street ». Les étales du Food Market proposent quant à elles des barbecues de bonne qualité pour un prix modique (compter $2 pour un Fish Amok ou une pièce de boeuf en grillade).

Il faut savoir que le site archéologique en lui-même est resté inconnu du grand public jusqu’en 1863, date à laquelle Henri Muhot, naturaliste français, découvrit dans une jungle épaisse les premières pierres du site qui est toujours en réfection à ce jour.

L’ensemble s’étend sur plus d’une centaine de kilomètres mais 95% du tourisme se concentre sur les temples les plus proches : Angkor Wat, Angkor Thom et Ta Promh.

Témoins des grandes mutations religieuses venues de l’Inde entre le VIIIè et le XVè dans tout le sous-continent asiatique, Angkor offre des temples originellement associés aux cultes brahmaniques, d’origine hindouistes et remplacés au fil des siècles par les symboles du bouddha. Quelques temples ont pu garder leur forme initiale du fait de leur éloignement du centre. Beng Mealea, par exemple, qui se situe à trente kilomètres au nord environ, vaut le déplacement.

Un bon moyen de visiter les principaux temples est de négocier le matin même un tuk-tuk pour la journée, moyennant $10 pour un petit circuit, $15 pour la grande boucle. Pensez bien à vérifier le niveau d’anglais du conducteur qui par ses explications sera un complément utile à votre guide papier.

Si vous préférez l’escapade en solo, vous pouvez toujours louer un vélo depuis le centre ou directement face à l’entrée d’Angkor Wat, 8 kilomètres plus au nord. Dans ce cas, je ne saurais que trop vous conseiller de ne pas oublier votre ipod. Déambuler parmi ces ruines avec la musique adéquate dans les oreilles a quelque chose de jouissif.

Nota Bene pour ceux qui comme moi traversent le pays à moto : il est possible de pénétrer partout ou quasiment avec un deux-roues malgré les dires de certains sur les forums de voyage. Je l’ai fait, vous pouvez donc me croire. Les vélos, tuk-tuks et deux-roues motorisés sont même tolérés au sein de l’enceinte d’Angkor Thom (large de plusieurs kilomètres).

Attention aux arnaques en tous genres qui ont lieu, par exemple, aux abords du village flottant, comme partout où le touriste occidental prolifère. La règle d’or reste de prendre son temps au moment de négocier. Pour rappel : le salaire moyen au Cambodge en 2010 se situe aux alentours des $40/mois (compter le double pour les professions exerçant au contact des touristes). Ce référentiel vous permettra de toujours relativiser les prétendues bonnes affaires que l’on vous proposera lors de votre arrivée.

En moyenne, un routard dépensera $25/jour à Siem Reap, soit près du double de son budget pour le reste du Cambodge. Une inflation due en grande partie au prohibitif ticket d’entrée pour le site et auquel on ne peut pas échapper ($40 pour 3 jours).

Etape immanquable pour un séjour au Cambodge, Angkor est un site remarquable en bien des points. Il n’en reste pas moins une anomalie à l’échelle du pays et n’est aucunement révélateur de ce que vous découvrirez si vous prenez le temps de sillonner les petites routes du peuple Khmer.

NB : rien ne dure, pas même les cités de splendeur…

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