Road-trip en Asie

Le monde sous un regard (dé)bridé

Spleen et idéal

Le flot des ruisseaux s’abandonne paisiblement dans les rizières de TanVan. D’étage en étage, cette eau roule et dégringole à travers le paysage, laissant s’échapper ce qui ressemble à des rires d’enfants en cascade. Elle creuse son sillon jusqu’à trouver le repos dans un delta cultivé par l’insatiable paysan vietnamien. Une terre luisante aux reflets d’aurore.
Le soleil s’immice sur la pointe des pieds et glisse sur les lames du parquet jusqu’au seuil de mon lit.  Paisiblement, je reviens à la vie.
Depuis quelques jours je redécouvre la sensation des rêves. J’ouvre les yeux et je sens ma tête pleine d’images et de souvenirs remodelés par le malade aux commandes de mon cerveau. C’est une sensation que je n’avais plus ressenti depuis des années, une niche que n’ai pas envie de quitter. Pas tout de suite, encore un instant…
Un visage d’ange, une paire d’yeux clairs que je connais. Une intonation familière et agréable dont je ne perçois déjà plus que des échos. Entre les mailles de la moustiquaire qui me protège, je suis encore dans un Paris semi-irréel, dans une vie qui n’est pas mienne, ou du moins, pas celle que j’ai connu. Je m’y sens bien néanmoins. Je savoure les dernières gouttes de cet élixir qui m’a plongé dans le renouveau fictif d’une histoire inachevée. Deux protagonistes pour qui la vie a été favorable. Deux êtres humains qui se retrouvent après une séparation qui n’a en rien altéré leur envie d’être ensemble.
Je reste quelques instants allongé, baigné dans la douceur de ce songe qui disparaît dans les vapeurs du jour.  Les mots de Blaise Cendrars me reviennent en tête. Des mots que je veux connaître par coeur. Un trait d’union délicat entre cette utopie nocturne et le jour qui m’appelle.
Quand tu aimes il faut partir
Quitte ta femme quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir
Le monde est plein de nègres et de négresses
Des femmes des hommes des hommes des femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises
II y a l’air il y a le vent
Les montagnes l’eau le ciel la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre
Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends
Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler
Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux seins
Respire marche pars va-t’en
Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe l’œil
Je prends mon bain et je regarde
Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t’aime
L’aventure continue : Julley, julley, julley…

Le flot des ruisseaux s’abandonne paisiblement dans les rizières de TanVan. D’étage en étage, cette eau roule et dégringole à travers le paysage, laissant s’échapper ce qui ressemble à des rires d’enfants en cascade. Elle creuse son sillon jusqu’à trouver le repos dans un delta cultivé par l’insatiable paysan vietnamien. Une terre luisante aux reflets d’aurore.

Le soleil s’immice sur la pointe des pieds et glisse sur les lames du parquet jusqu’au seuil de ma couche.  Paisiblement, je reviens à la vie.

Depuis quelques jours je redécouvre la sensation des rêves. J’ouvre les yeux et je sens ma tête pleine d’images et de souvenirs remodelés par le malade aux commandes de mon cerveau. C’est une sensation que je n’ai plus ressentie depuis des années, une niche que n’ai pas envie de quitter. Pas tout de suite, encore un instant…

Un visage d’ange, une paire d’yeux clairs que je connais. Une intonation familière et agréable dont je ne perçois déjà plus que des échos. Entre les mailles de la moustiquaire qui me protège, je suis encore dans un Paris semi-irréel, dans une vie qui n’est pas mienne, ou du moins, pas celle que j’ai connu. Je m’y sens bien néanmoins. Je savoure les dernières gouttes de cet élixir qui m’a plongé dans le renouveau fictif d’une histoire inachevée. Deux protagonistes pour qui la vie a été favorable. Deux êtres humains qui se retrouvent après une séparation qui n’a en rien altéré leur envie d’être ensemble.

Je reste quelques instants allongé, baigné dans la douceur de ce songe qui disparaît dans les vapeurs du jour.  Les mots de Blaise Cendrars me reviennent en tête. Des mots que je veux connaître par coeur. Un trait d’union délicat entre cette utopie nocturne et le jour qui m’appelle.

Quand tu aimes il faut partir

Quitte ta femme quitte ton enfant

Quitte ton ami quitte ton amie

Quitte ton amante quitte ton amant

Quand tu aimes il faut partir


Le monde est plein de nègres et de négresses

Des femmes des hommes des hommes des femmes

Regarde les beaux magasins

Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre

Et toutes les belles marchandises


II y a l’air il y a le vent

Les montagnes l’eau le ciel la terre

Les enfants les animaux

Les plantes et le charbon de terre


Apprends à vendre à acheter à revendre

Donne prends donne prends


Quand tu aimes il faut savoir

Chanter courir manger boire

Siffler

Et apprendre à travailler


Quand tu aimes il faut partir

Ne larmoie pas en souriant

Ne te niche pas entre deux seins

Respire marche pars va-t’en


Je prends mon bain et je regarde

Je vois la bouche que je connais

La main la jambe l’œil

Je prends mon bain et je regarde


Le monde entier est toujours là

La vie pleine de choses surprenantes

Je sors de la pharmacie

Je descends juste de la bascule

Je pèse mes 80 kilos

Je t’aime


L’aventure qui perdure, les mots qui se répandent… Julley à toi !

One Response to “Spleen et idéal”

  1. admin dit :

    A vrai dire, je partage votre non avis. Ce texte prétentieux et sans réel fond, je m’en rends compte aujourd’hui, ne méritait pas que vous y fassiez écho. Merci de vos précieux enseignements chers lecteurs !

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