Kilomètre 0 : le centre du monde

Le vide a rempli mon esprit. A perte de vue des monts intrigants tapissent un univers fait de verts et de dévers, d’arbres nus, d’horizons hachés menus. Je n’en contrôle plus la course. Mes yeux balancent, ils cherchent, tentent de trouver en vain un point d’accroche sur lequel marquer une pause.

Je m’étourdis devant ce vide ultime, assommé par un silence assourdissant d’où semblent s’évanouir le rire de chérubins, simple craquements de branches séchées par l’hiver provenant de bois vidés de leur substance.

Un milan au dessus ma tête forme comme des ronds de fumée dans un ciel impressionniste et monochrome tandis que les pierres à mes pieds donnent la marche à suivre pour monter jusqu’au ciel : marelle des anges.

Tassé par le néant, coincé entre deux tranches de ce mille-feuilles inaccessible, je reste immobile et stupéfait par la précision horlogère de cette création. Devant moi s’étale le monde, à mes pieds sa genèse, le temps lui, s’est arrêté. Quand il reprendra sa course, à mon tour, je prendrai la route.



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