Kilomètre 36 : des poilus plein les rêves

Dans un champ sans bataille batifolent des poilus. Loin de leurs tranchées, tout de fil habillé, l’homme debout les salue. « Comment vas camarade, pas trop froid ces temps-ci? ». Le bougre, l’animal, c’est qu’il ne décrocherait pas une note, ni un ré, ni un si.

Au mieux obtiendrais-je un bref signe de la nuque. Trace-donc ton chemin semble-t-il dire, où tu vas finir en eunuque. Pas revanchard je m’exécuterais car j’entends bien son message. Les p’tit gars d’la ville, le poney, il s’en contrecarre le pelage.

Le poilu est ainsi fait : par temps de paix, il faut lui lâcher la quille. Faute à un décor débraillé, je m’arracherais de ce sol comme on tire trois brindilles. Sous mes cils, un chemin de mort qui trace sa route vers la vie et sur lequel mes pensées s’éparpillent.

Je repartirais vers l’est, bille en tête et poil aux arbres, sans un do, sans un mi, comme si à l’instant, je m’étais endormi.



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